CET AUTOMNE, NOS ENSEMBLES CÉLÈBRENT MOZART

Don Giovanni, le plus séduisant des méchants

Comme Molière avant lui, le célèbre mythe de « Don Juan » a inspiré Mozart en 1767 pour son opéra « Don Giovanni ». On y retrouve les mêmes ingrédients : les amours « nombreuses, les séductions plus ou moins violentes, la critique sociale de la noblesse sans limites, l’absence de moralité du héros qui finit dans les flammes de l’enfer. Quand il crée cet opéra en langue italienne, Mozart est déjà au sommet de son art. Il sait manier le mélange les genres : des airs comiques, d’autres tragiques et même une pointe de surnaturel !

La plupart des airs chantés par les personnages de « Don Giovanni » sont devenus des « tubes » de l’opéra : L’air du catalogue (la liste des 1003 conquêtes féminines de Don Juan…) que chante son valet Leporello, l’air « La ci darem la mano », avec lequel Don Juan séduit une jeune paysage ou encore les airs de fureur des femmes trahies ou agressées.

En ce mois d’octobre 2023, l’Opéra de Lille a confié à notre partenaire le Concert d’Astrée, dirigé par Emmanuelle Haïm la responsabilité de faire entendre la partition si riche de Mozart. Un choix naturel : l’ensemble et sa cheffe ont déjà joué à Lille autres opéras de Mozart les « Noces de Figaro » et « Così fan tutte »

Le Requiem, l’œuvre mystérieuse

Voilà sans doute l’œuvre de musique classique qui a fait le plus parler d’elle. Le « Requiem » (KV626) de Mozart est l’une des œuvres les plus mystérieuses et les plus tragiques de l’histoire de la musique. Tragique, car un « Requiem » est une musique qui accompagne la Messe des morts et que cette partition fut la dernière que Mozart composa avant de mourir, trop jeune, à 35 ans, en 1791. La partition est laissée inachevée et ce sont ses élèves et disciples qui complèteront le dernier tiers, à partir des ébauches laissées par leur maître.

Mystérieuse ensuite car on ignore qui fut le commanditaire de cette partition. Peut-être s’agit-il d’un excentrique aristocrate autrichien qui avait tendance à acheter des partitions pour les faire jouer en prétendant que c’était lui qui les avait écrites ! Un célèbre film, « Amadeus » de Miloš Forman (1984) prétend même que le commanditaire serait Salieri, compositeur rival de Mozart.

Au-delà de la légende, ce « Requiem » demeure l’un des piliers du répertoire sacré. Deux de nos ensembles le joue régulièrement. Ce mois d’octobre, l’ensemble Pygmalion le joue à Bordeaux, Versailles, en Espagne et en Allemagne. L’ensemble Le Concert de la Loge a donné ce Requiem de nombreuses fois en concert et l’a même récemment enregistré. (Mozart Requiem, Alpha Classics). Comme le souligne Julien Chauvin, directeur de l’ensemble, les pages du Requiem de Mozart sont « tour à tour terrifiantes, poignantes ou consolatrices. »

« La Flûte enchantée », mystique et enfantine

Qui ne connaît pas la Reine de la Nuit et ses aigus stratosphériques ? Cet air est extrait de « La Flûte enchantée », sans doute l’opéra le plus connu de Mozart. Là encore, l’œuvre fascine. Elle tient du conte pour enfants dans lequel de jeunes héros calment des animaux sauvages grâce à une flûte magique. Elle tient aussi du conte initiatique où les symboles sont nombreux : le texte sur lequel Mozart compose est écrit par Schikaneder, frère en maçonnerie de Mozart. La deuxième partie de l’opéra parle ainsi d’épreuves initiatiques, de courage, de fois, de silence et de secret. Entre les deux, Mozart raconte le parcours de deux amis très différents, Tamino et Papageno, chacun à la recherche de l’âme sœur. Entre l’amour et la mystique, Mozart met du rire et de l’absurde : tout le monde se retrouve dans « La Flûte enchantée » !

Pendant le mois de novembre, au Théâtre des Champs-Élysées à Paris, notre partenaire l’orchestre Les Siècles jouera la partition de cet opéra dans une mise en scène signée par le cinéaste Cédric Klapisch.