Anne Le Corre, l’aventure continue !

« Enfant, j’adorais explorer, découvrir… j’aurais voulu être aventurière » raconte Anne Le Corre. Après une école de commerce, c’est une autre aventure qui démarre pour elle : le début d’une carrière au sein de Société Générale. « J’ai aimé l’idée d’entrer dans ce groupe, qui offrait notamment une formation initiale pour les élèves formés dans une grande école. Peut-être étais-je aussi séduite à l’idée de ne pas m’enfermer dans un métier tout de suite ? » Anne démarre en 1985 à la direction du Marketing. En France et à l’international, elle a occupé différents postes : responsable de la Communication Mondiale du pôle de Gestion Privée, directrice de la Communication de la Banque de Détail en France, responsable de la satisfaction client.... Tout au long de son parcours, qu’elle décrit comme une aventure collective, Anne s’est attachée à exercer sa créativité et à soigner l’aspect humain du travail. « J’ai beaucoup aimé ma carrière, j’ai fait des choses très différentes, rencontré des personnes brillantes, qui m’ont fait confiance, qui m’ont beaucoup appris. »

Anne Le Corre

Choisir un nouveau cycle

Anne raconte la place des associations dans sa vie, toujours présentes, et la manière dont elles ont pris une autre dimension pour elle, durant une période de maladie grave. « Là, j’ai vraiment pris conscience du rôle essentiel des associations, qui m’ont tant aidée à traverser cette étape de ma vie. A ce moment-là, je me suis dit que je leur rendrai un peu de ce qu’elles m’avaient apporté » confie-t-elle.

Alors, quand à 59 ans, après 35 ans d’une carrière riche et pleine, Anne se pose la question de la manière dont elle va se retirer du monde professionnel, elle pense au mécénat de compétences. « Une carrière est un cycle. J’ai choisi de ne pas subir, mais choisir un nouveau cycle. Pour reprendre une image sportive, j’ai souhaité terminer sur un point gagnant pour attaquer autre chose. »

Elle s’investit d’abord au sein d’Imagine for Margo, une association soutenue par le Groupe et créée par une collaboratrice de Société Générale, Patricia Blanc. « Cette structure qui agit en faveur d’enfants frappés par le cancer m’a beaucoup touchée. Quand j’ai choisi de faire un mécénat de compétences, il y a deux ans et demi, j’ai choisi de m’engager avec eux, j’y ai développé des partenariats avec des entreprises. Mais le dispositif de mi-temps sénior impose de changer d’association à mi-parcours ». Anne se rapproche alors des Restos du cœur. « J’ai contacté la présidente de l’antenne des Yvelines, où je vis. Une femme formidable, dans une association mythique, exceptionnelle, qui affiche des résultats dignes d’une entreprise du CAC 40. »

Les Restos du cœur, une deuxième carrière

Les Restos du cœur fonctionnent essentiellement avec des bénévoles, notamment pour la distribution alimentaire, mais l’association a aussi besoin de personnes comme Anne, en mécénat de compétences, pour prendre en charge des missions stratégiques telles que la communication, le développement, l’encadrement de bénévoles ou encore la sécurité informatique. Claude Chaillou, responsable des partenariats entreprises aux Restos du cœur, précise : « Les profils, l’expérience, la régularité et l’engagement de salariés comme Anne nous permettent de faire face aux enjeux auxquels nous sommes confrontés : la paupérisation d’une part de la population qui conduit à un afflux énorme de nouveaux bénéficiaires chaque année. Nous avons besoin de renforcer les équipes de gouvernance des 112 associations départementales par de nouvelles ressources issues des entreprises partenaires, mais aussi de salariés volontaires sur des postes à responsabilité. »

Car outre la distribution alimentaire, l’association est engagée dans la petite enfance, l’insertion dans l’emploi ou encore l’inclusion numérique. Sur le territoire national, les Restos du cœur, ce sont 73 000 bénévoles et 1,3 million de personnes accueillies chaque année dans 2 330 centres d’activités.

Quand elle parle des Restos, Anne ne tarit pas d’éloges. « Ce qui m’a séduit, ce sont les gens : ils sont formidables, professionnels, investis. Au siège départemental où je travaille sur les questions de communication externe, j’ai été accueillie comme dans une famille. » Et au niveau professionnel ? « En termes de métier, les leviers sont les mêmes, mais les moyens et les enjeux sont différents. On n’a pas d’agence, on réapprend à faire des choses par soi-même, ce qui est intéressant. J’ai pu me remettre en question tout en me faisant confiance. Je n’ai plus de responsabilité de management, c’est un peu comme si je démarrais une 2e carrière, avec l’envie de réussir !  Et j’expérimente au quotidien le bonheur de voir les résultats de mon travail quasi en direct ».

Les conseils d’Anne…

Après trois ans en mécénat de compétences, Anne recommande cette expérience à 100%, avec quelques conseils pour ceux qui voudraient se lancer. « Pour moi, faire ce mi-temps senior est une chance incroyable : c’est une fin de carrière avec une dynamique de projet et, à 60 ans, on a encore de l’énergie. » Justement, Anne dit avoir eu de la chance de pouvoir partir en MTS dès 59 ans, même si quel que soit l’âge, on a toujours quelque chose à apporter. D’ailleurs, une fois à la retraite, Anne poursuivra son engagement bénévole auprès des Restos du cœur.

Pour bien se préparer à cette nouvelle vie, elle souligne aussi l’importance de préparer le projet en amont : « Comme dans la vie professionnelle, il ne faut pas lâcher toutes les branches d’un seul coup. On change de contexte, voire de métier, c’est bien d’être accompagné par les RH pour amorcer ce changement. »

Le mi-temps senior, c’est enfin une opportunité « de réapprivoiser 50% de son temps pour préparer l’arrivée à la retraite, tout en étant les deux pieds dans le monde, conscient des injustices et de la précarité en France, en apportant sa petite pierre à l’édifice » conclut Anne.
 


Le mi-temps senior (MTS)

Les collaborateurs du groupe Société Générale en fin de carrière, ayant au moins 10 ans d’ancienneté, peuvent prétendre au mi-temps senior. Dans ce cadre, ils peuvent exercer leur mi-temps à l'extérieur de l'entreprise, au sein d'une association caritative.

En 2023, 86 collaborateurs bénéficient d’un mi-temps senior au sein d’associations partenaires de la Fondation d’entreprise Société Générale ou du Groupe.

Ce dispositif s’inscrit dans une politique globale de l’entreprise pour favoriser l’engagement de ses collaborateurs ; une palette de formats variés leur est proposée : marathon pro bono, team building solidaire, etc.